Un loup abattu en Bas-Valais


Selon un communiqué de presse du canton du Valais, un loup a été abattu, aux premières lueurs de l’aube, le 21 novembre 2006 près d’Arcojeux dans le Chablais valaisan. L’individu, un mâle adulte de 32 kg, était âgé de 3 à 4 ans.

Fin septembre, en l’espace de quelques nuits, 31 moutons avaient été tués dans la région. Après analyse de la situation et consulation de la commission intercantornale, une entité responsable de la gestion des grands prédateurs et instaurée par l’Office fédéral de l’environnement, le conseiller d'état valaisan compétent en la matière a donné l'autorisation de tir (KORA-News du 13.10.2006). Une attaque effectuée à la mi-octobre dans la région d’Onne avait provoqué la mort de 3 moutons supplémentaires.

Le tir d’un deuxième loup cet automne en Valais soulève entre autres des questions d’ordre biologique. L’analyse génétique des prélèvements de salive effectués sur le cadavre d’un mouton a révélé qu’une louve était impliquée dans les attaques survenues en Chablais. Et c’est un mâle qui se fait tirer!

Le 26 octobre 2006, déjà, une louve a été abattue en Haut-Valais suite à l’octroi d’une autorisation de tir pour dommages répétés. Avec la femelle établie depuis 2002 dans la région du Simplon, nous avons là un troisième indice de présence d’une louve en Suisse. Auparavant, grâce à la génétique, seuls des mâles avaient été identifiés sur sol suisse (KORA-News du 27.10.2006).

Dix ans après l’apparition du premier loup, la Suisse entre dans la deuxième phase de colonisation, comme cela a déjà été observé dans les Alpes italiennes et françaises. Habituellement, les jeunes loups quittent la meute ou le territoire parental lorsqu’ils ont atteint la maturité sexuelle. Le processus de dispersion diffère selon les sexes. Les jeunes femelles font généralement de courts déplacements ou restent même fidèles au territoire d’origine, alors que les jeunes mâles peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour établir leur nouveau domaine vital (cela a notamment été démontré en Italie par radio-télémétrie).

Jusqu’à il y a peu de temps, les Alpes suisses jouaient le rôle de territoire d’accueil pour cette première vague de loups. A présent, le front de dispersion des jeunes mâles a franchi les Alpes comme en témoignent l’observation d’un loup qui, en décembre 2005, a traversé le canton des Grisons,  la découverte d’un loup tué par le train en début d’année 2006 à Gsteigwiler (BE) ou celle d’un individu identifié dans le nord de l’Italie (Val Formazza) en mars 2006 et tué deux mois plus tard en Bavière, à quelques de 250 km de là.

L’apparition de femelles dans les Alpes suisses était attendue et n’a donc rien d’étonnant. Elle signifie entre autre que les populations reproductrices de loups se sont rapprochées de nos frontières. Certes à ce jour, aucune preuve de reproduction n’a été confirmée dans les régions frontalières d’Italie et de France, mais plusieurs observations font état de la présence d’un couple dans le parc national du Gran Paradiso, sur le versant sud du Val d’Aoste. Il n’est dès lors plus qu’une question de temps pour voir le loup se reproduire également en Suisse.

 

 

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24.11.2006 12:00:30